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L’Association Canadienne des Sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) travaille pour améliorer l’accès à la justice et à surveiller les conditions de détention des femmes et des personnes de diverses identités de genres purgeant une peine fédérale au Canada.
Le programme de défense régionale de l’ACSEF vise à aider et encourager les personnes dans le développement des connaissances, des outils et des ressources liés à leurs droits juridiques et humains en tant que personnes purgeant une peine au niveau fédéral. Nous travaillons en collaboration et défendons les intérêts des femmes et des personnes de diverses identités de genre, alors qu’ils naviguent les systèmes juridiques et administratifs complexes qui façonnent leur quotidien. Nous surveillons également les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires fédéraux, documentons les enjeux systémiques et utilisons ces informations pour promouvoir la responsabilisation ainsi que des changements significatifs et durables.
« Le système a fait en sorte que beaucoup d’entre nous se sentent moins qu’humains, comme des personnes jetables. Les questions liées à la sécurité, à la salubrité, à la santé mentale et même aux droits humains fondamentaux étaient souvent négligées ou ignorées. Dans cet environnement, l’ACSEF s’est démarquée comme une source rare et constante de soutien. Ils se sont présentés alors que nous avions l’impression que personne d’autre ne viendrait. » (traduit de l’anglais)
— Ancien défenseur des pairs et bénévole régional actuel
Le CAEFS gère quatre équipes régionales de défense des droits – Pacifique, Prairies, Ontario et Atlantique – et collabore étroitement avec des défenseurs des droits travaillant au Québec. Nos équipes se rendent dans les établissements pénitentiaires fédéraux réservés aux femmes, offrent un soutien en ligne et par téléphone, et mènent des actions de plaidoyer systémique.
Nos équipes sont composées de membres du personnel de la CAEFS, de défenseurs des pairs et de bénévoles, notamment du personnel des Sociétés Elizabeth Fry locales, d’anciens défenseurs des pairs et d’autres membres dévoués de la communauté issus de divers horizons et disciplines.
« L’ACSEF travaille selon un modèle d’autonomisation fondé sur la culture juridique, l’éducation aux droits et la responsabilisation. [L’ACSEF] aide les personnes en détention à comprendre les politiques, à faire valoir leurs droits et à contester les injustices institutionnelles. Grâce à leurs conseils, mon partenaire a réussi à rédiger des griefs et à naviguer la politique correctionnelle fédérale de manière à protéger ses droits humains et à soutenir ses efforts pour demander des comptes au système […] ce qui lui a permis de se défendre d’une manière qui n’aurait pas été possible sans ce soutien. Ce travail redonne de manière significative le pouvoir à ceux qui sont les plus directement touchés par l’incarcération. » (traduit de l’anglais)
— Conjoint d’une personne incarcérée à l’établissement pour femmes Grand Valley
Nous effectuons des visites mensuelles à l’établissement de vallée du Fraser, à l’établissement d’Edmonton pour femmes, à l’établissement pour femmes de Grand Valley et à l’établissement Nova pour femmes, et nous apportons un soutien virtuel aux personnes incarcérées à l’Okimaw Ohci Healing Lodge.
Nous gérons une ligne téléphonique gratuite, offrant aux personnes incarcérées un moyen simple de contacter des défenseurs de leurs droits.
Nous organisons des formations une ou deux fois par an au sein des prisons fédérales réservées aux femmes afin de donner aux participantes les outils et les ressources nécessaires pour défendre leurs propres droits ainsi que leurs pairs.
Cette formation de plusieurs jours est une condition préalable à l’embauche au poste de défenseure des droits par les pairs, un poste reconnu par le Service correctionnel du Canada. Les défenseurs des droits par les pairs font partie de nos équipes régionales de défense des droits et apportent un soutien sur le terrain aux autres personnes incarcérées.
« Je trouve que vous avez organisé une formation très approfondie et inclusive, et je tiens à vous en remercier. J’en suis ressortie avec beaucoup plus de connaissances qui me permettront de défendre mes droits et ceux des femmes incarcérées ici. » (traduit de l’anglais)
— Participante à la formation de défense par les pairs
Nous rencontrons régulièrement les équipes de gestion des établissements pénitentiaires réservés aux femmes pour discuter des problèmes systémiques et travailler envers des solutions durables.
Nous rédigeons des lettres qui résument les problèmes systémiques signalés, les recommandations formulées et les réponses du SCC. Ces lettres sont accessibles au public et sont envoyées aux principales parties prenantes. Vous pouvez consulter nos lettres mensuelles de plaidoyer dans la rubrique « Ressources ».
« J’ai souvent été surprise et déçue de constater le décalage entre le cadre juridique et politique régissant les établissements fédéraux destinés aux femmes et ce qui s’y passe réellement. Ce décalage explique à mes yeux pourquoi l’approche de plaidoyer adoptée par l’ASCEF est si importante. Non seulement l’ASCEF aide les personnes incarcérées au niveau fédéral à mieux comprendre et utiliser les cadres existants, mais il exhorte également ceux qui travaillent au sein du système à s’y conformer. Cette approche est mise en avant dans les lettres de plaidoyer de l’ASCEF, qui soulignent les problèmes systémiques que l’ASCEF soulève auprès de la direction des établissements : l’ASCEF lie toutes ses recommandations à la direction à des aspects spécifiques du cadre juridique et politique. En tant qu’avocate, je pense que cette approche est à la fois logique et efficace. » (traduit de l’anglais) — Défenseur régional bénévole, Ontario
Nous élaborons des guides destinés à aider les personnes condamnées par les tribunaux fédéraux à mieux comprendre leurs droits pendant leur incarcération et leur liberté conditionnelle, et qui leur fournissent des conseils pour défendre elles-mêmes leurs intérêts.
Consultez nos rapports et nos lettres pour en savoir plus sur les conditions de détention et nos actions de défense des droits.
*Les lettres sont disponibles uniquement en anglais.
*Les mises à jour sont disponibles uniquement en anglais. À l’exception de Mars 2026 qui est offer en français également.
En février 2026, l’ACSEF s’est joint à de nombreuses organisations communautaires pour adresser une lettre commune au Service correctionnel du Canada (SCC), dans laquelle elles exprimaient leurs préoccupations quant aux répercussions des modifications apportées à la politique du SCC relative au traitement par agonistes opioïdes (TAO). Ces modifications comprennent le retrait de la liste du Suboxone et la désignation du Sublocade comme traitement de première intention pour le trouble lié à l’usage d’opioïdes (TUAO) dans le Formulaire national.
Lisez la lettre commune ici (*disponibles uniquement en anglais): CSC Health Services OAT Policy Changes
Cette lettre fait suite à plusieurs mois de signalements émanant de personnes incarcérées dans différentes prisons réservées aux femmes. Ces signalements faisaient notamment état :
Pour de nombreuses personnes placées en détention fédérale, l’accès à un traitement de substitution aux opiacés (TSO) régulier et personnalisé est un élément essentiel de leur bien-être et de leur rétablissement. Les interruptions de traitement, d’autant plus que ces changements seraient mis en place sans consentement éclairé ni consultation adéquate, ont des répercussions physiques et psychologiques importantes. Ces répercussions sont encore aggravées en milieu carcéral, où les personnes sont déjà confrontées à des obstacles structurels à l’accès aux soins de santé et disposent d’une autonomie limitée en matière de décisions médicales.
L’ACSEF a toujours recommandé que, compte tenu de la responsabilité qui incombe au SCC d’assurer des soins sûrs et humains aux personnes détenues dans les pénitenciers fédéraux — où celles-ci dépendent du personnel et des prestataires pour les services de santé —, le SCC adopte des mesures supplémentaires pour protéger la dignité et le bien-être des personnes dont il a la charge. L’accès à des soins de santé appropriés et tenant compte des traumatismes est essentiel, non seulement pour respecter les normes communautaires, mais aussi pour favoriser une participation significative aux plans correctionnels et une réinsertion sociale réussie. L’ACSEF a en outre recommandé que le SCC évite de compromettre la capacité des médecins et des infirmières praticiennes à prescrire les traitements les plus efficaces en faisant passer les préoccupations de sécurité avant le jugement clinique dans les décisions relatives à la liste des médicaments autorisés.
Vous trouverez plus d’informations sur ces rapports et nos recommandations dans les lettres ci-dessous. Restez à l’écoute pour d’autres mises à jour à venir.
*À noter les lettres sont uniquement disponible en anglais.
| Établissement pour femmes d’Edmonton | Établissement pour femmes de Nova
Établissement pour femmes de Fraser Valley |
On June 11th, l’ACSEF was in federal court working to ensure that the Correctional Service of Canada upholds their legal obligation to ensure
Le 11 juin, l’ACSEF s’est présenté devant le tribunal fédéral afin de veiller à ce que le Service correctionnel du Canada respecte son obligation légale d’assurer la sécurité et des conditions de vie saines à l’Établissement pour femmes d’Edmonton (EIFW)
Cette requête judiciaire porte spécifiquement sur la température à l’intérieur de l’unité de sécurité maximale de l’EIFW. Depuis 2006, des personnes ont signalé à l’ACSEF qu’elles subissaient des températures excessivement élevées ou basses pendant leur incarcération dans cette unité – bien en dehors de la fourchette habituelle et à un point tel que, selon nous, cela s’apparente à de la torture.
Cette requête a été plaidée par Kate Engle, du cabinet Taylor Janis LLP, agissant en tant qu’avocate pour l’ACSEF.
Dans la loi :
L.C.R.C., art. 70 : Le Service prend toutes les mesures raisonnables pour s’assurer que les établissements pénitentiaires, l’environnement pénitentiaire, les conditions de vie et de travail des détenus ainsi que les conditions de travail des membres du personnel sont sûrs, salubres et exempts de pratiques qui portent atteinte au sentiment de dignité personnelle d’une personne.
Bien que cette requête concerne spécifiquement l’EIFW, l’ACSEF a reçu de nombreux autres rapports indiquant que les conditions matérielles de détention des femmes et des personnes de genre divers dans les prisons fédérales ne sont souvent pas conformes à la loi.
Par exemple, dans les lettres de plaidoyer de ce mois-ci, les défenseurs ont évoqué les conséquences persistantes des conditions de chaleur extrême à l’établissement de Grand Valley (GVI), ainsi que les mesures limitées prises pour en atténuer les effets sur les personnes qui y sont incarcérées – un problème bien documenté, année après année, au GVI.
À l’EIFW, des signalements ont continué d’affluer concernant les conditions de vie dans l’unité de sécurité maximale, notamment la présence d’asticots, de moisissures et de canalisations bouchées.
L’ACSEF s’engage à œuvrer pour un monde sans prisons, mais la surveillance des conditions matérielles de détention des personnes incarcérées reste essentielle au bien-être de celles qui sont aujourd’hui en prison.
Mise à jour de mai 2025
Saviez-vous que l’objectif légal du système correctionnel fédéral est d’aider les personnes incarcérées et en liberté conditionnelle à se réinsérer dans la société ?
Dans la loi :
L.C.R.C., art. 3 Le système correctionnel fédéral a pour objectif de contribuer au maintien d’une société juste, pacifique et sûre en
(a) l’exécution des peines imposées par les tribunaux grâce à la détention et à la surveillance, dans des conditions sûres et humaines, des [personnes purgeant une peine fédérale]; et
(b) la facilitation de la réadaptation des [personnes purgeant une peine fédérale] et de leur réinsertion dans la collectivité en tant que citoyens respectueux de la loi, grâce à la mise en place de programmes dans les établissements pénitentiaires et au sein de la collectivité.
La Commission des libérations conditionnelles du Canada souligne que la libération progressive et structurée — appelée « continuum de libération » — est l’approche la plus efficace pour favoriser la réinsertion sociale. Ce continuum de libération comprend toutes les formes de libération conditionnelle, telles que les absences temporaires avec escorte, les absences temporaires sans escorte, les permissions de sortie pour travail, la semi-liberté, la libération conditionnelle totale et la libération d’office. Vous pouvez en savoir plus sur ces types de libération conditionnelle sur le site Web de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.
Malgré son efficacité avérée, les personnes incarcérées font régulièrement état d’obstacles à l’accès à la libération conditionnelle, ce qui est souvent mentionné dans nos lettres de plaidoyer.
Ce mois-ci, des difficultés ont été signalées pour entrer en contact avec les agents de libération conditionnelle à l’établissement Nova, ce qui complique la tâche des personnes souhaitant planifier efficacement leur libération. À l’établissement Fraser Valley, des personnes ont signalé de longs retards dans l’obtention de leur première sortie temporaire accompagnée en raison de la disponibilité du personnel et de l’accès limité aux évaluations des risques requises – des retards qui, selon elles, risquaient de compromettre leur accès en temps opportun à la semi-liberté. À l’établissement Grand Valley, une personne a indiqué que sa sortie temporaire accompagnée pour assister aux funérailles d’un proche avait été refusée en raison de difficultés logistiques signalées.
En parcourant nos lettres précédentes, vous trouverez de nombreux autres exemples d’obstacles signalés.
L’une des façons dont l’ACSEF cherche à répondre à ces préoccupations est de s’assurer que les personnes incarcérées comprennent leur admissibilité légale à la libération conditionnelle et savent comment se préparer efficacement à la libération conditionnelle. Cela passe notamment par la distribution de notre guide « Communauté en Action ». Dans certains cas, les défenseurs de l’ACSEF assistent ou apportent leur aide lors des audiences de libération conditionnelle des personnes concernées. Les défenseurs principaux travaillent en étroite collaboration avec les défenseurs pairs sur leur temps libre afin de s’assurer qu’ils puissent également apporter un soutien significatif aux personnes dans ce domaine.
Pairs-défenseurs et formations
À ce propos, une nouvelle pair-défenseure a été recrutée ce mois-ci à l’établissement de Fraser Valley ! Elle a reçu du matériel et des ressources élaborées par l’ACSEF, tout comme nos autres pairs-défenseurs.
Les pairs-défenseurs sont des personnes incarcérées dans des établissements pénitentiaires réservés aux femmes ; ils bénéficient d’une formation et d’un soutien continu de la part de l’ACSEF dans le cadre d’un poste reconnu par le Service correctionnel du Canada. Ils font partie intégrante de nos équipes régionales de défense des droits.
Pour devenir défenseur par les pairs, il est indispensable de participer à la formation en défense par les pairs offert par l’ACSEF, organisée une ou deux fois par an dans chaque prison fédérale réservée aux femmes. Cette formation fournit aux participants les bases des cadres législatifs applicables aux établissements pénitentiaires, encourage la résolution de problèmes au niveau systémique et donne des conseils pour utiliser efficacement le processus interne de règlement des griefs, ainsi que d’autres compétences clés en matière de défense des droits.
Nous sommes impatients d’organiser plusieurs formations à la défense des droits par les pairs cet automne et d’accueillir de nouveaux défenseurs par les pairs au sein de nos équipes !
Le saviez-vous ? L’année dernière, l’ACSEF a dispensé sa formation à la défense des droits par les pairs à 180 personnes dans les prisons fédérales réservées aux femmes. Cela représente près de 25 % des personnes incarcérées dans ces établissements pénitentiaires.
Voici ce qu’une participante a déclaré à propos de son expérience de la formation :
« Je trouve que vous avez animé une formation très approfondie et ouverte à toutes, et je tiens à vous en remercier. J’en suis ressortie avec beaucoup plus de connaissances qui me permettront de défendre mes droits et ceux des autres femmes hébergées ici. » (citation traduite de l’anglais)
Saviez-vous que dans les prisons fédérales réservées aux femmes, la plupart des détenues préparent elles-mêmes leurs repas ? Dans la plupart des cas, les personnes incarcérées dans les unités à sécurité minimale et moyenne reçoivent un budget hebdomadaire pour acheter des produits alimentaires à partir d’une liste établie par l’établissement. Elles préparent ensuite leurs propres repas au sein de leurs unités de vie. En revanche, celles qui sont incarcérées dans les unités à sécurité maximale reçoivent des repas préparés à l’avance, servis sur des plateaux par le personnel de restauration.
Récemment, le Service correctionnel du Canada (SCC) a réduit les budgets alimentaires des détenues dans les prisons réservées aux femmes, tout en augmentant ceux des détenus dans les prisons réservées aux hommes. La justification avancée était que les femmes ont besoin de moins de calories que les hommes. Cependant, les recommandations nutritionnelles actuelles du gouvernement ne font pas de distinction entre les apports caloriques recommandés en fonction du sexe ou du genre. Alors que le coût des denrées alimentaires continue d’augmenter dans tout le pays, les personnes incarcérées dans les prisons fédérales — en particulier celles détenues dans des établissements réservés aux femmes — ont du mal à se procurer suffisamment de nourriture.
Ce n’est là qu’un des nombreux problèmes liés à l’alimentation que l’ACSEF a récemment documentés. En avril, des personnes incarcérées à l’établissement de Grand Valley et à l’établissement de Nova ont fait part de graves préoccupations concernant l’accès à une alimentation adéquate.
Dans une lettre adressée à Nova, des défenseurs des droits ont rapporté des témoignages faisant état d’un accès limité à une alimentation suffisante dans l’unité de sécurité maximale. Les détenues ont indiqué qu’elles avaient souvent faim en raison de la petite taille des portions, d’un apport insuffisant en protéines et d’une consommation excessive de féculents. Des témoignages similaires ont été recueillis dans les unités de sécurité maximale d’autres prisons pour femmes.
Pour le deuxième mois consécutif, les défenseurs travaillant avec les personnes détenues à l’établissement GVI ont fait état de préoccupations concernant l’accès insuffisant à la nourriture dans l’enceinte principale. Dans certains cas, les personnes ont été contraintes d’utiliser la totalité de leur budget alimentaire pour les quelques articles disponibles — par exemple, en le dépensant entièrement pour plusieurs boîtes de purée de citrouille ou pour 50 dollars de sardines.
Vous pouvez en savoir plus sur ces rapports dans les lettres de ce mois-ci.
À l’établissement Fraser Valley, des comités de pairs continuent de militer pour un accès équitable à la nourriture, en particulier pour la population croissante de personnes de genres divers. Vous trouverez plus de détails sur ces rapports dans les lettres de la FVI publiées plus tôt cette année.
Dans la loi
Le Règlement sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition stipule :
RCCS, art. 83(2) : Le Service prend toutes les mesures raisonnables pour assurer la sécurité de chaque [personne incarcérée] et pour veiller à ce que chaque [personne incarcérée] soit (a) correctement vêtue et nourrie.
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition stipule :
LSCMLC, art. 70 : Le Service prend toutes les mesures raisonnables pour s’assurer que les établissements pénitentiaires, l’environnement pénitentiaire, les conditions de vie et de travail des détenus ainsi que les conditions de travail des membres du personnel sont sûrs, salubres et exempts de pratiques qui portent atteinte au sentiment de dignité personnelle d’une personne.
Dans le cadre de leur travail, les équipes régionales de défense des droits organisent souvent des ateliers et des événements afin d’aider les personnes incarcérées à mieux comprendre leurs droits en tant que personnes condamnées à une peine fédérale.
Ce mois-ci, lors de notre visite régulière à l’établissement de Grand Valley, l’équipe régionale de défense des droits de l’Ontario a organisé une série d’ateliers pour présenter la nouvelle ressource de l’ACSEF : Community in Action : un guide destiné aux femmes et aux personnes de genre divers condamnées à une peine fédérale pour les aider à gérer leur sortie de prison et leur libération conditionnelle.
Les défenseurs ont rencontré des personnes de tous les niveaux de sécurité, leur ont remis des exemplaires du guide Communauté en Action, ont répondu à leurs questions sur la libération conditionnelle, ont recueilli leurs commentaires sur les informations supplémentaires qui pourraient les aider à se sentir mieux préparées à gérer ces démarches, et ont partagé de délicieuses collations.
Depuis lors, les défenseurs s’efforcent d’intégrer les commentaires des participants dans une version mise à jour de ce guide. Nous avons également reçu des contributions précieuses de la part de pairs défenseurs d’autres établissements pénitentiaires réservés aux femmes, ainsi que de bénévoles ayant une expérience vécue. Ce processus itératif est au cœur de la manière dont l’ACSEF élabore des ressources visant à soutenir à la fois l’autodéfense des droits et la défense des droits par les pairs.
Le guide Communauté en Action a été élaboré en réponse aux témoignages réguliers de personnes incarcérées et en liberté conditionnelle concernant les difficultés qu’elles rencontrent pour accéder à la libération conditionnelle et s’y retrouver dans ces systèmes complexes. Bon nombre de ces préoccupations se reflètent également dans nos lettres mensuelles de plaidoyer systémique.
Vous pouvez consulter le guide ci-dessous et n’hésitez pas à le partager avec toute personne susceptible d’en bénéficier. Les personnes incarcérées dans les établissements pénitentiaires fédéraux réservés aux femmes peuvent demander des exemplaires imprimés auprès de leurs équipes régionales de défense des droits.
Saviez-vous que la libération conditionnelle offre les meilleures chances de réussite en matière de réinsertion sociale? La Commission des libérations conditionnelles du Canada souligne qu’une libération progressive et structurée — appelée continuum de libération — constitue l’approche la plus efficace pour favoriser la réinsertion sociale. Il est important de noter que l’un des deux objectifs principaux du Service correctionnel du Canada est d’aider les personnes à se réinsérer dans la société.
Dans la loi :
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition stipule :
LSCMLC, art. 3(b) :
Le système correctionnel fédéral a pour objectif de contribuer au maintien d’une société juste, pacifique et sûre en […] (b) favorisant la réadaptation des [personnes incarcérées] et leur réinsertion dans la collectivité en tant que citoyens respectueux des lois, grâce à la mise en place de programmes dans les établissements pénitentiaires et au sein de la collectivité.
Mise à jour sur les visites familiales
Le CAEFS continue de recevoir des signalements concernant les obstacles aux contacts familiaux, un problème que nous avions soulevé le mois dernier. À l’établissement Fraser Valley, les détenus de l’unité de sécurité maximale ont fait part de leurs préoccupations quant à l’accès limité aux visites par vidéoconférence. À l’établissement Grand Valley, les détenus ont signalé des retards dans l’approbation des demandes de visite, devant souvent attendre des mois avant de pouvoir voir leur famille en personne. Ils ont également signalé les répercussions d’un téléphone en panne dans l’une des unités d’habitation. À l’établissement pour femmes d’Edmonton, les détenues ont continué à faire part de leurs préoccupations concernant le système téléphonique, signalant cette fois-ci des retards dans l’ajout de membres de leur famille à leur liste de numéros approuvés (également appelée « code PIN »).
En février, l’ACSEF a participé, aux côtés d’autres organisations communautaires, à une consultation nationale sur le Programme mère-enfant en établissement du Service correctionnel du Canada (SCC). Cette consultation s’inscrit parmi les différentes initiatives par lesquelles l’ACSEF a fait part de ses commentaires sur le programme et a porté à l’attention des décideurs du SCC les préoccupations des mères et des personnes qui s’occupent d’enfants en situation d’incarcération.
Cependant, le Programme mère-enfant en établissement n’est qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont les personnes incarcérées tentent de maintenir le lien avec leur famille. L’ACSEF continue de recevoir des signalements concernant des obstacles plus généraux à l’accès aux familles. Par exemple, lors de nos visites en février 2025, des personnes détenues à l’Établissement pour femmes d’Edmonton ont signalé une réduction de l’accès aux lignes téléphoniques dans l’enceinte principale et ont exprimé leur inquiétude quant au fait que cette restriction limiterait leur capacité à rester en contact avec leurs proches. À l’Établissement Nova, des défenseurs ont assuré un suivi auprès des équipes de direction concernant l’impact de l’annulation des visites familiales privées sans préavis.
Saviez-vous que l’une des principales raisons pour lesquelles des établissements pénitentiaires canadiens réservés aux femmes ont été construits dans chaque région était de favoriser le maintien de liens étroits avec la communauté et la famille pour les femmes et les personnes de genre divers condamnées par les tribunaux fédéraux ? En effet, la plupart des personnes incarcérées dans ces établissements étaient les principales responsables de leurs enfants au moment de leur incarcération. Par conséquent, l’incarcération des femmes et des personnes de genre divers a des répercussions profondes sur les familles, en particulier sur les enfants. Ces préjudices sont particulièrement graves pour les communautés autochtones, compte tenu de l’incarcération disproportionnée des femmes autochtones et de l’héritage historique de la séparation familiale résultant de politiques coloniales telles que la « Sixties Scoop » et les pensionnats indiens. Pour ces raisons, l’ACSEF continue de recommander que toutes les décisions du SCC soient prises dans le but de faciliter les contacts les plus étendus et les plus accessibles possibles avec la famille et la communauté.
Dans la loi :
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (LSCMC) garantit aux personnes détenues par les autorités fédérales le droit d’entretenir des contacts raisonnables avec leur famille.
LSCMC, art. 71(1) :
Afin de favoriser les relations entre [les personnes incarcérées] et la collectivité, une [personne incarcérée] a le droit d’entretenir des contacts raisonnables, notamment par des visites et par correspondance, avec sa famille, ses amis et d’autres personnes de l’extérieur de l’établissement pénitentiaire, sous réserve des limites raisonnables prescrites pour assurer la sécurité de l’établissement pénitentiaire ou la sécurité des personnes.
Ce mois-ci, nous nous sommes concentrés sur le développement et le renforcement de nos capacités !
Accueil de nouveaux bénévoles : nous avons récemment accueilli plus d’une douzaine de nouveaux bénévoles issus de la communauté au sein de nos équipes régionales de défense des droits.
Élargissement de nos équipes de pairs défenseurs : nous avons accueilli deux nouveaux pairs défenseurs à l’Okimaw Ohci Healing Lodge, à la suite d’une formation en présentiel de deux jours organisée par l’ACSEF au sein de l’établissement en octobre 2024. Nous avons également recruté de nouveaux pairs défenseurs à l’établissement de la vallée du Fraser et à l’établissement pour femmes de Joliette.
Ces nouveaux membres de notre équipe commenceront à travailler aux côtés de nos pairs défenseurs déjà en place dans ces établissements.
Stages étudiants : L’ACSEF a également accueilli Eric Shatosky, bénévole de longue date au sein de l’équipe de l’Ontario, dans le cadre de son stage à l’Institut polytechnique Humber de Toronto. Eric fait partie d’un groupe plus large d’étudiants en stage travaillant avec l’ACSEF, dont six étudiants en droit de l’Université Thompson Rivers à Kamloops, par l’intermédiaire de Pro Bono Students Canada. Vous souhaitez effectuer un stage au CAEFS ? Si oui, cliquez ici pour en savoir plus.
Élargir notre champ d’action : À l’établissement Nova pour femmes, les pairs-défenseurs travaillent au lancement du « Nova Newsletter ». Ce bulletin d’information comprendra des renseignements juridiques, mettra en lumière des enjeux clés, partagera des informations sur les réunions et les événements des comités, et bien plus encore !
À l’établissement de Fraser Valley, notre responsable de la défense des droits (Brianna) travaille avec des pairs défenseurs pour mettre au point un atelier destiné à soutenir les comités dirigés par des pairs. Une fois prêt, cet atelier sera diffusé à l’ensemble de nos équipes afin d’appuyer les comités dirigés par des pairs dans tous les établissements pénitentiaires fédéraux réservés aux femmes. Ces comités jouent un rôle essentiel
L’ACSEF a également récemment mis en place des appels téléphoniques réguliers avec les défenseurs pairs de l’établissement de Joliette et de l’Okimaw Ochi Healing Lodge, ce qui nous permet d’offrir un soutien plus constant en matière de droits et de recours et de travailler en collaboration pour défendre les personnes incarcérées dans ces établissements. Les défenseurs principaux ont mis en place des processus similaires pour rester en contact avec les défenseurs pairs entre les visites dans toutes les autres prisons fédérales réservées aux femmes.
Visites de sensibilisation en personne : En janvier, nos équipes ont effectué des visites de sensibilisation en personne à l’établissement Nova, à l’établissement Grand Valley, à l’établissement pour femmes d’Edmonton et à l’établissement Fraser Valley. Cela signifie qu’en janvier, nos équipes ont consacré plus de 70 heures à rencontrer en personne des femmes et des personnes de genre divers incarcérées au niveau fédéral.
Lettres de plaidoyer systémique : Nos lettres de plaidoyer systémique sont désormais publiées chaque mois sur notre site web. Ces lettres sont rédigées à la suite de chacune de nos visites de plaidoyer en personne et constituent un dossier probatoire sur les conditions de détention dans les prisons fédérales réservées aux femmes. Elles permettent aux principaux décideurs politiques et parties prenantes d’avoir un accès en temps réel à l’ensemble des problèmes rencontrés dans ces établissements.
Supporter notre travail en devenant bénévole, en faisant un don ou en sensibilisant votre entourage.
« Le bénévolat au sein du CAEFS me donne l’occasion de contribuer à rapprocher les personnes incarcérées de la communauté. J’apporte mon soutien et des ressources qui permettent à chacun de se sentir intégré et d’avoir un sentiment d’appartenance. Je défends les intérêts des personnes actuellement ou anciennement incarcérées en leur offrant une formation et des perspectives essentielles qui contribueront à améliorer le système. » (traduit de l’anglais)
— Bénévole et représentative régional